De nombreux groupes qui rêvent d'un avenir sans argent manifestent souvent une profonde méfiance à l'égard de l'intelligence artificielle, la principale crainte étant que l'IA centralise toutes les décisions et prive les individus de leur pouvoir d'agir localement. Personnellement,...
À titre personnel, je pense que le monde évoluera de manière optimale en redonnant aux communautés locales la capacité de décider, tout en mettant en place un revenu universel. Celui-ci ouvrirait progressivement la voie à la disparition de l’argent.
Les raisons pour lesquelles je crois que l’argent est amené à disparaître au profit d’une rétribution universelle me semblent les suivantes :
- Les inégalités mondiales : elles alimentent des mouvements migratoires de plus en plus dangereux pour les équilibres locaux.
- La mutation du travailles disparités de compétences, combinées à la généralisation de l'automatisation dans tous les secteurs, rendront obsolètes de plus en plus d'activités professionnelles.
- La complexité globale : le monde est devenu interdépendant. Les dérèglements climatiques, qui vont s’accélérer dans les années à venir, contribueront encore aux pressions migratoires et risquent d’entraîner un cercle infernal.
- La santé mondiale : les épidémies risquent de s’aggraver du fait de la globalisation, du brassage des populations, de l’affaiblissement des défenses immunitaires lié à la pollution et des difficultés à distribuer des réponses sanitaires équitables.
Pour toutes ces raisons, il deviendra nécessaire de mettre en place des solutions indépendamment des capacités financières des individus. Car nous serons collectivement solidaires de l’échec ou du succès des réponses apportées à l’échelle planétaire.
Cette complexité se retrouve à deux niveaux :
- Collectif : la planète et l’humanité forment un système imbriqué d’une grande fragilité.
- Individuel : chaque être humain naît avec des sensibilités uniques, façonnées aussi par la région et le contexte dans lesquels il vit et agit.
C’est pourquoi il me semble indispensable de redonner à chacun, au niveau local, la responsabilité et la créativité de ses décisions et de ses actes. L’intelligence artificielle, aussi puissante soit-elle, ne peut remplacer le ressenti émotionnel ni la richesse de l’expérience humaine.
Dans le même temps, face à la complexité gigantesque de nos défis collectifs, il est difficile d’imaginer y parvenir après des millénaires d’échecs essentiellement liés aux comportements humains.
Un exemple intéressant : l’Albanie a récemment confié le poste de ministre des Achats publics à une IA afin de lutter contre la corruption. Si les paramètres de programmation sont bien définis, cette expérience pourrait devenir une référence à suivre de près.
En conclusion, nous connaîtrons sans doute des échecs et des dérives dans l’usage de l’IA, mais paradoxalement je ne vois pas d’autre solution pour redonner à l’humain sa juste place dans le monde actuel.
